
Je voudrais d’abord résumer le déroulé de mes engagements.
Au niveau professionnel, j’ai travaillé à la Poste et France Télécom
Au niveau associatif, j’ai été Présidente de la CAF (Caisse d’Allocations Familiales), de l’UDAF (Union Départementale des Associations Familiales), de la Mission Locale et Vice-présidente de l’UNAF (Union Nationale des Associations Familiales).
Au niveau politique, j’ai été membre du Comité Economique et Social à Paris, adjointe à la Mairie d’Agen puis Conseillère Municipale au Passage d’Agen.
Mon histoire commence en 1982, lorsque je pose mes valises dans le Lot-et-Garonne. J’y arrive sans repères, dans un territoire que je ne connais pas encore, un territoire qui ne m’attendait pas… et qui deviendra pourtant le mien, profondément.
Très vite, je me trouve confrontée à une réalité : celle du manque de structures, du manque de soutien, du manque de relais pour les parents.
J’ai cherché des solutions là où il n’y en avait pas encore.
Et c’est précisément là que naît mon engagement, par conviction, par nécessité.
La nécessité de trouver ma place dans ce territoire.
La nécessité de rompre l’isolement des parents.
La nécessité d’offrir aux enfants une chance équitable de bien grandir.
Face au manque de structures d’accueil, j’ai voulu créer une crèche parentale, convaincue que l’intelligence collective pouvait transformer les choses. Malgré le scepticisme de certains, j’ai persévéré, j’ai fédéré, j’ai négocié, j’ai argumenté. Et la crèche a ouvert.
Cette crèche existe toujours, quarante ans plus tard. Et je ressens une joie immense en voyant que mes petites-filles l’ont, elles aussi, fréquentée.
Ce premier engagement révèle chez moi une vérité qui ne m’a jamais quittée : je ne renonce jamais quand il s’agit d’humain.
Cette porte en a ouvert beaucoup d’autres.
J’ai rejoint l’UDAF du Lot-et-Garonne dont j’ai été élue Présidente. J’y ai découvert, de l’intérieur, les réalités de la parentalité et des familles. J’y ai travaillé avec des familles laïques comme chrétiennes, avec le même respect, la même écoute, la même volonté de comprendre.
Dans le même temps j’ai intégré la CAF du Lot-et-Garonne. Les administrateurs m’ont élu Présidente. Une jeune femme, une mère, dans un milieu institutionnel encore très masculin !
Dans les deux organismes, j’ai été réélue pour un deuxième mandat.


Cette confiance nous a permis, dans le département, la création ou la consolidation de 80 structures dédiées à l’enfance, à la parentalité, au lien social. Des lieux d’accueil, des espaces de rencontre, des médiations, des projets innovants.
Tout au long de ce parcours, je n’ai jamais travaillé seule. J’ai travaillé avec des équipes engagées, des directeurs motivés, des salariés, des élus, des administrateurs mais aussi, avec tous les syndicats (par exemple CFDT et la CGT comme le MEDEF et la CGPME). Nous avons construit ensemble, dans le respect des différences, car l’intérêt des familles dépassait tout le reste.
Puis est né Kirikou, une crèche pionnière pensée pour les parents, aux horaires atypiques avec une amplitude encore unique : 5h – 22h. Une idée jugée très audacieuse que nous avons portée jusqu’au bout.
Ces expériences m’ont conduite à Paris, au cœur des ministères, puis jusque dans les instances européennes, pour présenter ce modèle innovant.
Par ailleurs, j’ai participé à des travaux nationaux, contribué à l’élaboration de politiques publiques et j’ai pris part à l’écriture de la loi Borloo sur le surendettement, un chantier essentiel pour protéger les familles les plus fragiles.

De 2006 à 2008, j’ai siégé au Conseil économique et social national. Dans ce cadre, j’ai produit un rapport publié au Journal officiel : « Les viagers immobiliers en France », encore utilisé comme référence, essentiellement pour les personnes âgées.
En 2008, je reçois la Légion d’honneur, au grade de Chevalier.
Mais malgré Paris, malgré les missions, mes yeux sont toujours restés tournés vers le terrain :
vers les parents qui cherchent un relais,
vers les enfants qui ont besoin d’un cadre,
Vers les grands-parents qu’il faut aider, soutenir
vers les travailleurs sociaux qui soutiennent des familles entières,
vers ce territoire qui m’a adoptée… et qui m’a façonnée.
Ma vie publique
Après mon parcours à la CAF et à l’UDAF, j’ai eu la chance de vivre d’autres expériences toutes aussi fortes : mes mandats électifs.
A la Mairie d’Agen, quand je deviens adjointe, avec la délégation Politique familiale et Action sociale, je mesure tout de suite la responsabilité : pour moi, cela veut dire prendre en compte toute la famille, de la petite enfance au grand âge.
Avec la directrice et l’équipe de ma délégation nous bâtissons un schéma d’accueil de la petite enfance qui sera adopté.

Nous créons une micro-crèche à Montanou, Nous transformons une ancienne école maternelle du centre-ville en pôle petite enfance : crèche, halte-garderie, relais assistantes maternelles, services administratifs, pour faciliter la vie des familles et mélanger les publics.
À Tapie, nous installons aussi une micro-crèche.
En parallèle, nous développons un schéma d’action sociale avec le CCAS (Centre Communal d’Action Sociale) :
– Création d’un centre social en centre-ville, pour répondre à la paupérisation et à l’isolement des personnes âgées ;
– Mise en place d’un restaurant social ouvert aux plus fragiles mais aussi aux agents municipaux et à d’autres publics, avec des tarifs différenciés, pour favoriser la mixité
– Actions contre la fracture numérique, ateliers informatiques, accueil d’associations, création de liens entre tous ces acteurs.
A travers ces actions, j’ai beaucoup appris des fonctionnaires territoriaux : loin des clichés, j’y ai rencontré des personnes au service de la collectivité et des élus.
En 2014 je change de collectivité et je deviens élue d’opposition au Passage d’Agen.
C’est une position étrange quand on a connu le travail et l’action dans une équipe majoritaire.
Je ne souhaitais pas m’inscrire dans une opposition systématique mais plutôt dans un fonctionnement constructif en faisant entendre ma différence sur certains sujets.
Cette attitude m’a amenée à voter les délibérations proposées par la majorité municipale en place, sauf si j’étais en profond désaccord.
Dans un conseil municipal, comme dans toute autre organisation, il faut accepter de faire des compromis pour travailler ensemble, ne pas penser à soi mais œuvrer pour le collectif.
Pour 2026 j’ai décidé de me présenter de nouveau à l’élection municipale, à la tête d’une liste citoyenne et indépendante que j’ai construite petit à petit en recrutant dans chaque quartier des personnes qui ont envie de s’engager pour notre commune.
Au fond, tout ce parcours raconte la même chose : je suis simplement une femme de terrain, une femme de liens, une femme qui croit sincèrement que travailler ensemble fait avancer un territoire.
Et, quelles que soient les fonctions, c’est toujours pour cela que je m’engage.
Rester fidèle à l’essentiel
Ce que je porte avant tout, ce sont des valeurs : le respect, la loyauté, l’écoute, la parole donnée, la solidarité et la sincérité dans les relations. Je crois profondément que l’on ne peut pas construire durablement sans confiance, sans dialogue, sans considération véritable pour l’autre.

Je crois à la force du collectif, à ces liens invisibles qui se tissent quand on choisit de travailler ensemble plutôt que les uns contre les autres.

J’ai appris que la fermeté n’empêche pas la bienveillance. Que l’on peut être déterminée sans être dure. Que l’on peut rester droite sans devenir rigide. Que la vraie force n’est pas dans l’affrontement, mais dans le dialogue en restant fidèle à ce que l’on est, même si le contexte est difficile.
L’engagement, pour moi, n’est pas un rôle à endosser, mais une manière d’être.
Aujourd’hui encore, si je poursuis ce chemin de l’engagement, c’est avec la même exigence intérieure qu’à mes débuts : rester fidèle à mes valeurs, rester honnête avec moi-même, garder cette capacité à écouter, à comprendre, à relier.
Et, quelles que soient les fonctions, c’est toujours pour cela que je m’engage : pour l’humain, pour le lien, pour ce qui unit plutôt que ce qui divise… tout simplement.
Une femme de terrain, une femme de liens, une femme qui ne lâche jamais.

Et si je m’engage aujourd’hui, c’est pour continuer à être utile. Comme je l’ai toujours été.
Et aujourd’hui comme hier, une conviction m’accompagne plus que toutes les autres :
« Remettre l’humain au cœur de la ville. »